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Au fait, c'est quoi une communauté ?La chronique de
Philippe Monteiro da Rocha
On a beau adhérer aux vertus universelles de la
philanthropie, croire au bien fondé du bénévolat et aussi au Père-Noël, on n'en
demeure pas moins réaliste et légitimement, on cherche à savoir...
Savoir pourquoi, par exemple, des personnages qu'on ne connaît ni d'Eve, ni d'Adam --
appelons les le Maire et ses amis -- sont prêts à nous offrir des adresses emails
gratuites et des hébergements de sites à titre gracieux.
Tout cela, ça coûte bien quelque chose, techniquement et
humainement parlant... Alors qui paie et surtout pourquoi ? Parce que sur internet, la
franchise est seule garante de la confiance des internautes, de leur fidélité et donc,
du succès d'une entreprise, nous vous donnerons dans cette chronique régulière des
éléments de réponse à des questions que sans doute vous vous posez.
Le premier argument auquel on songe lorsqu'on cherche à
analyser les motivations qui conduisent certains entrepreneurs à développer une
communauté sur internet, ce sont évidemment le trafic et la liste d'adresses email. Deux
bonnes raisons, c'est vrai, mais qui sont assez loin d'expliquer le modèle économique
global d'une telle entreprise. A l'heure actuelle, les bandeaux publicitaires sont
encore très prisés par les annonceurs institutionnels et privés. Tout le monde croit
encore au mirage du clic spontané dès qu'un bandeau apparaît sur une page html donnée.
Très bien donc ! Lorsqu'on possède un site et qu'on cherche à intéresser une régie
publicitaire, c'est difficile.D'autant que celles-ci exigent un minimum de pages vues par
mois (en général 500.000) avant de prendre seulement la peine de vous répondre.
Lorsqu'on dispose d'une collection de 5000 sites, à
l'arrivée, cela fait beaucoup de pages vues et évidemment beaucoup de bandeaux
potentiels.
Chacun des sites bénéficie en outre d'une double
promotion, interne à la communauté, c'est à dire prise en charge par ceux qui gèrent
cette communauté (remercions au passage le conseil municipal), mais aussi externe, le
webmestre d'un site particulier faisant tout son possible pour attirer des internautes
anonymes.
Le trafic est donc une conséquence logique de la notion même de communauté.
Pour aller plus loin, ce n'est pas son objectif premier...
Sinon, le simple fait de distribuer à la volée des centaines d'adresses email comme
Yahoo.com ou Lemel.fr suffirait. Le concept dont nous parlons est beaucoup plus évolué
et largement plus pertinent, on verra cela.
Parlant de trafic, l'autre aspect fondamental à souligner pour expliciter la cohérence
du concept de la communauté virtuelle est l'association naturelle qui se crée entre
l'appartenance (le fait d'être membre) et le prosélytisme (le fait d'attirer d'autres
membres). Prenons un exemple concret; vous avez bâti votre site au sein du Village et
l'un de vos amis vient le visiter, l'apprécie et vous fait savoir dès le lendemain que
lui aussi a déposé une demande de "permis de construire" avant de quitter le
site.
Pas besoin de chercher à convaincre qui que ce soit. Ce n'est ni un parti politique, ni
une secte, ni un cercle très fermé, c'est un service gratuit ! Deux mots que chacun
d'entre nous adore voir associés; "service" et "gratuit"... Il
faudrait être fou pour dépenser plus !
Une communauté est donc une boule de neige qui prend du
volume et de la vitesse. Plus de membres, ça signifie plus de trafic et plus de trafic,
ça signifie plus de membres. Peut-on légitimement trouver une meilleure solution ?
Une communauté dans l'espace francophone, à l'heure actuelle, c'est encore un pari sur
l'avenir. Un challenge audacieux certes mais d'évidence, très prometteur comme nous le
verrons dans la seconde partie.
Philippe Monteiro da Rocha,
Consultant de marketing en ligne
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