Les Lectures de Talanie
Talanie est une Villageoise
amoueuse de la langue française !
En se joignant à l'Équipe de
l'Écho du Village Talanie compte bien nous proposer " une participation multiforme,
faisant alterner :
des billets d'humeur
des critiques de livres (SF, polars, littérature contemporaine, classique et
antique)
des
petites fabriques d'écriture, avec de petits ateliers
des
textes narratifs et descriptifs
des
textes informatifs
Tout un programme dont voici un
premier extrait :
Ceux qui laissent à leur femme le soin d'aller faire les
courses au supermarché, qui vont rarement chez le dentiste et ne lisent la presse qu'avec
trois ans de retard, sont tombés à côté d'un livre étonnant : il s'agit du Jugement
de Jéhovah de James Morrow, paru dans la collection S-F de J'ai lu, au numéro
4733.
Evidemment, si l'on considère la science-fiction comme un
genre littéraire mineur, ou si l'on pense qu'elle ne met en scène que de petits hommes
verts armés d'intentions maléfiques et déplaisantes envers notre race, on sera
déconcerté par cet ouvrage : on y fait un procès à Dieu.
Le lecteur profane se dira : " Mais que puis-je bien
avoir à f
d'une bondieuserie quelconque alors que tout ce que je veux, c'est me
distraire et m'évader vers un autre monde que je ne connais pas ?"
Justement, ce monde-là, cher lecteur, le connaissez-vous
bien d'abord ? Ensuite auriez-vous seulement pu penser l'espace d'une micro seconde que
l'on puisse lier la science-fiction, ou plutôt l'anticipation, et que cela ne soit pas
pénible et aride à lire ?
Voici donc l'histoire du juge Martin Candle, un juste, qui
découvre le bonheur sur le tard. Il coule des jours tranquilles dans une exaltation
paisible, quand il apprend son cancer de la prostate. Désespérés, son épouse et lui se
rendent à la Cité Céleste, Disneyland théologique, qui abrite le gigantesque corps
inconscient de Dieu, découvert flottant sur la banquise. Peu de temps après, l'épouse
de Martin meurt dans un accident de voiture.
Révolté par le sort, Martin décide de demander des
comptes à son créateur. Comment un Dieu, que l'on dit aimant envers sa progéniture,
tout puissant, omniscient, peut-il ainsi laisser le Mal et la souffrance perdurer ?
Vous vous êtes fatalement, ami lecteur, même du fond de
votre athéisme le plus convaincu, déjà posé cette question, ne serait-ce qu'à titre
d'exercice. Je n'y ai pas plus de réponse que vous. Mais, à le lire, vous prendrez cet
ouvrage soit comme un exercice brillant sur quelque chose d'improbable, soit comme un
exercice brillant sur une vérité ressentie.
Talanie
Rolle
Jugement de Jéhovah de James Morrow
Éditions J'ai lu
collection S-F
numéro 4733.
echo@le-village.com
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