  Auto-Censure ? "Non, c'est une
question de mission", déclare le CRU !
"Le Comité
Réseaux des Universités va stopper rapidement le service d'archivage qu'il offre pour
des listes qu'il n'héberge pas."
Annonce qui se veut sans appel, du très fameux "CRU" de l'Université de
Rennes1.
Situé à Rennes, la
ville où se trouve installée la Société Cyberbrain, qui administre Le Village, le CRU
ne serait-il pas victime d'un quelconque "nettoyage " par le vide de services
par trop "encombrants" ? Faut-il voir dans cette décision ce que notre
confrère, Jean Pierre Cloutier, appelle dans ses "Choniques
de Cybérie" du 30 mars une "conséquence du flou juridique" ?
Dans un entretien
téléphonique accordé à René Le Marec, Monsieur Le Guigner, Directeur du CRU, dément
tout rapport avec les Affaires" en cours ou jugée. Il argue de la
Mission Universitaire du CRU et pose la question du relais de cette activité par un
service "autre qu'universitaire"...
Voulant se placer
au-delà du débat autour de la Responsabilité des divers acteurs sur le Réseau, les
Chercheurs voudraient donc passer la main ? ...
Leurs successeurs auront
fort à faire pour remplir une mission d'aussi remarquable qualité !
Le CRU relève de la même juridiction que Le
Village...
Votre décision est-elle une des conséquences des ennuis judiciaires faits aux
hébergeurs français et particulièrement au Village ?
Non, et je l'affirme ! Je ne
peux pas entrer dans les détails, mais je peux dire que non...
Nous avons eu un petit problème... disons interne, qui nous a fait prendre conscience que
nous ne pouvions dépasser notre mission.
Un petit problème ?
Un incident interne à
une liste particulière... Une personne n'a pas voulu faire quelque chose... Je
ne peux pas vous en dire plus...
Quoi qu'il en soit, l'Université de Rennes 1 est une cellule nationale... Le CRU a
plusieurs services : un moteur de listes, l'archivage, l'accès... Nous sommes très peu
nombreux. Nous n'avons pas les moyens ni le temps d'exercer un quelconque
contrôle. Et ce n'est pas notre Mission...
... en fait, le service est un service louable mais il devrait, sûrement,
être rendu par un autre service qu'universitaire...
Pour expliquer son geste, le "CRU" en
appelle au "respect des termes de la demande d'avis à la CNIL dont le service
de listes du CRU a fait l'objet". Ne réclamez-vous pas, en fait, la mise en
place et le respect d'une "Nétiquette" ?
Peut-être. Mais Nétiquette
ou pas, nous n'avons pas le temps et, surtout, ce n'est pas notre Mission...
Il y a là une question de censure : si nous n'avons pas de moyens
de faire signer électroniquement une charte, un contrat, nous ne pourrons pas
continuer...
Il a pu y avoir certains problèmes par le passé mais, jusqu'à présent, nous avons
exercé notre vigilance avant d'être inquiétés. Pour ce qui concerne les listes que
nous hébergeons, c'est assez facile.
D'une façon générale, il s'agit de responsabiliser les
responsables de listes au sens "rapporter la
responsabilité" auprès des responsables.
D'après la note explicative que vous avez
publiée, Le CRU ne disposerait pas de système qui permette de résoudre les cas de
contenus frauduleux. Qu'entendez-vous par frauduleux ?
Cela tombe sous le sens :
nous avons, une autorité de tutelle (l'État Français, NDR) à laquelle nous
devons rendre des comptes. Il y a donc ce qu'on pourrait définir comme contenu
incompatible avec un financement public, d'une part, et ce qui est en conflit avec la
législation de l'autre...
N'arrive-t-on pas là aux "limites du
Net." ?
Peut-être. Peut-être va-t-on
devoir aller vers des solutions comme un "contrat" ou une
"convention". En tous cas, un tel incident va forcer tout le monde à
réfléchir...
Et les pouvoirs publics ?
Eux-aussi vont devoir
réfléchir.
Propos recueillis par
René Le Marec
echo@le-village.com
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