Côte d'Azur :
Roulez local !
Diantre ! Ça sent le Vécu, ce que nous expose-là Corinne...
Épisode... Scène ordinaire ? Une occasion de balades sur "La Côte",
comme "On" dit !
Chronique Éditoriale de Corinne Bruno,
journaliste indépendante
La Côte d'Azur a mauvaise réputation.
On qualifie les méditerranéens de vantards, on les soupçonne d'être superficiels (mais
pas légers
), on les accuse de manquer de parole. Sur ce point, inutile de revenir.
Les gens de bon sens connaissent les limites des idées reçues.
Il est également coutume de dire que l'on y est mal reçu.
La région est cependant si belle que des millions de touristes résignés
continuent de migrer vers ses plages entre juin et septembre.
Il n'est donc pas nécessaire de souligner les déclinaisons d'ocres et de
bleus, la douceur de la mer, le charme des Calanques, les senteurs de basilic et de
tomates, ni d'évoquer les intonations qui égayent les rues des villages. Tout le monde a
ces images en tête.
Mais la Côte d'Azur n'est pas seulement une carte postale, idyllique
et convoitée.
C'est également une économie, plusieurs centaines de milliers de
chômeurs, des salariés, des entrepreneurs
Les Varois font leurs heures de travail (et, en l'occurrence, dans le
tourisme, les 8 heures réglementaires tiennent de la gageure), se lèvent parfois en
retard, rechignent devant la feuille d'impôt et le pain qui augmente. Bref, les Varois
suent, stressent, courent
bossent, en somme !
S'il est vrai que les départementales qui serpentent le long des golfs
clairs ou à l'ombre des forêts de chênes séculaires incitent à la flânerie, doubler
une voiture y est parfois impossible pendant des kilomètres. Les voies rapides saturent
également rapidement, pour peu que 2 ou 3 automobilistes aient décidé de compter les
cigales le long de la route.
Alors, pitié !
Pitié pour les locaux dont la vie est rythmée par les impératifs du
travail.
Combien de fois, dans l'été, voit-on une plaque d'immatriculation
étrangère s'offusquer d'un coup de klaxon discret lui demandant d'accélérer la cadence
?
Et d'alourdir le différend en ralentissant encore ?
Il serait si simple de se ranger sur un bas-côté accueillant ou de
rouler à un rythme convenable jusqu'à la prochaine bifurcation
Le temps des vacances est fait pour buller. Soit.
Mais le temps de ceux qui travaillent est compté, dans le Var autant
qu'ailleurs.
Un peu de savoir bien vivre serait tellement plus propice aux relations
humaines inter-territoriales !
Il suffit de s'imaginer dans sa région natale, en retard pour un
rendez-vous d'affaires. Subissant les 40 km/h imposés par un touriste en goguette.
Répéter ce scénario plusieurs fois dans la journée. Les plus hospitaliers y perdraient
peut-être un peu de leur flegme légendaire.
Quand les touristes auront appris à respecter le Midi, cette région
fière et joyeuse le leur rendra bien.
Ils pourraient alors se surprendre à l'aimer. Pour de vraies raisons.
Co Bruno
Des Liens :
http://antipode.le-village.com/camping-car/decouvrir83.html
http://antipode.le-village.com/geoexplorer/otsi.html
echo@le-village.com
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