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Science-Fiction, Internet,
Mondialisation et... nous !
J'avais envie depuis un certain temps de mettre en parallèle les accords mondiaux sur
le commerce qui ont débuté à Seattle (USA) et cet outil avec lequel nous
"travaillons", nous amusons, dialoguons, aimons (pour certains) : Internet.
L'article de Pierre
Fontaine et Pierre-Emmanuel Muller sur l'affaire du pillage de noms de domaine par la
société Amazone m'a convaincu de l'intérêt du débat sur le futur du réseau des
réseaux et de la culture, ainsi que de notre place à nous autres, simples citoyens de
France et d'ailleurs dans l'Internet de demain et, bien sûr, par ricochet, de notre place
au sein des futures sociétés "démocratiques-marchandes" qui s'annoncent...
J'écris et je lis de la Science Fiction. J'aime cette littérature pour la
possibilité qu'elle offre d'imaginer un futur pour l'humanité, de réinventer notre
place sur terre, voire dans l'univers. J'aime par dessus tout imaginer comment la
société pourrait se transformer, vers quoi nous pourrions tendre...
Cette fin d'année 1999 m'impressionne par sa troublante et déconcertante faculté à
nous indiquer ce à quoi ressemblera le monde de demain ; à très clairement
annoncer la nouvelle ère qui débute, ce 21e siècle qui devait être spirituel ou ne
serait pas...
le droit des peuples à
disposer d'eux-mêmes...
Une dictature marchande, un gouvernement mondial de multinationales sans visages,
l'abolition des cultures locales et ancestrales au profit d'une universalisation des
échanges. Voilà de manière abrupte ce qui se profile. Le terme dictature peut paraître
abusif et pourtant nul autre mot ne peut être appliqué, à mon sens : les conseils
d'administration de ces méta-compagnies (certaines dégagent un chiffre d'affaire annuel
équivalent au PIB de pays comme la suède ou le Danemark) ne sont pas élus par les
citoyens des pays où elles exercent leur activités ; n'ont de compte à rendre à
personne (si ce n'est à leurs actionnaires qui ne sont pas nécessairement intéressés
par les progrès sociaux à amener au sein du pays ou de l'entreprise). Ces
multinationales pourront breveter des espèces vivantes, acheter des droits à polluer,
mettre en justice les gourvenements des nations dans lesquelles elles s'implanteront si
elles estiment que des mesures sociales ou environnementales les empêchent de faire le
bénéfice qu'elles sont en droit d'attendre ! Où sera alors le droit des peuples à
disposer d'eux-mêmes ; lorsque les politiques ne seront que les administrateurs,
conseilleurs de ces entreprises géantes qui auront la permission de menacer, édicter
leurs lois aux représentants du peuple ?
Nous entrons, avec les accords de l'OMC dans un univers très proche de celui de
William Gibson (inventeur de la littérature Cyberpunk avec son premier roman,
Neuromancien) et de la même manière que nous affirmons nôtre satisfaction de voire
Internet libre de toute réglementation vis à vis d'un ordre établi (comme des
gouvernements), nous ouvrons la porte toute grande à cette cyber-société dirigée par
des conglomérats financiers...à l'instar d' Amazone, gigantesque librairie virtuelle de
vente de "culture" par Internet qui s'est permise d'acheter les noms des plus
grands auteurs tels que Rimbaud, Hemingway ou Verlaine, nous indiquant quel avenir nous
attend ; à qui appartiendra le réseau des réseaux et par la même, le monde sous
toutes ses formes ; même les plus sensibles.
La Science-Fiction devient réalité. Que voulons-nous faire de notre future réalité?
Nous pouvons encore agir et nous exprimer... mais comme dans toute histoire de
Sciene-Fiction, jusqu'à quand ?
Pascal Herard
P.S : le film de Michael Moore "The Big One" n'est diffusé que
dans UNE seule salle à Paris, et dans seulement HUIT salles de province!
Lyon et Toulouse ne le diffusent pas ; cherchez l'erreur...et qui décide de ce que
nous devons ou pas...regarder. Il est temps de relire "1984", de Georges Orwell,
et d'en tirer les conclusions qui s'imposent.
À lire ou relire, les précédentes chroniques de Pascal Hérard dans
L'Echo du Village :
Pascal Hérard reconsidère la situation du Monde :
de l'OTAN au
Kosovo.
Pascal Hérard pose la question :
à quoi sert
Internet ?
echo@le-village.com
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