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La Vague Bio déferle sur la planète Marseille
Les 20, 21 et 22 novembre s'est déroulé au parc Chanot le premier salon
"Nature, Bien-être et Bio". Malgré la neige qui a surpris le département,
ARTEMISIA a été bien accueilli par le public. Potions magiques, fables modernes et
techniques ancestrales se sont mêlées dans une insolite mais saine volupté des sens.
Une occasion pour le public de se réapproprier la notion de "bien-être", en
évitant l'écueil des fantaisies sectaires et extrémistes.
L'entrée est surréaliste. On pourrait même penser s'être trompé de hall. La visite
commence par la section bio chic. Les stands, sévèrement délimités par des parois de
carton, donnent plus aux lieux un air de salon de tourisme ou d'immobilier que celui d'une
foire bio telle qu'on se l'imagine .
Dans cette section, pas de folklore. Ordinateurs et techniques de pointe s'affichent dans
les allées. Les exposants sont en costume-cravate et n'ont rien à envier aux commerciaux
performants des autres manifestations.
Le bio, au-delà de son image un peu marginale, c'est aussi plusieurs millions de francs
de chiffre d'affaire. Une affaire sérieuse, donc où rigueur et professionnalisme (dans
les techniques de vente, s'entend) sont de mise.
Il faut grimper les quelques marches qui conduisent vers le second hall d'exposition pour
retrouver un peu d'originalité et d'humanité.
Malgré l'affligeante froideur de ce monstrueux blockhaus aux proportions démesurées et
aux couleurs froides, les allées réservent d'audacieuses surprises. Isabelle offre à la
dégustation une étrange boisson aux épices qui surprend le palais avec ses pointes de
cardamome, de poivre, verveine ou lavande. Des recettes surgies d'un lointain passé
provençal qui parlent à nos racines.
Les étalages de légumes bio côtoient sans barrière les marchands de rêve. Thés
psychédéliques, teintures savantes, huiles exubérantes s'affichent pour le plus grand
plaisir des sens. Le visage aquilin et sombre de Barberousse se dissimule derrière sa
longue chevelure rouge feu et une barbe écarlate. Ses mains de masseur semblent
satisfaire celles qui ont osé lui confier leur anatomie.
Energie cosmique et vibrations fantaisistes se font discrètes dans ce salon qui a le bon
goût de ne pas avoir ouvert ses allées aux illuminés en tout genre. Les organisateurs
ont en effet rigoureusement sélectionné les exposants
" La notion de "bien-être" appartient à tous. Le terme a trop souvent
été repris par des mécanismes sectaires. Ce salon n'est pas intégristement
"bio". " déclare Dominique Leaud-Zachoral, le sympathique président du
salon. Sensibilisé depuis son enfance aux vertus d'une alimentation saine, ce naturopathe
averti " ne veux pas convaincre mais informer le public". C'est la passion qui
l'a conduit à initier cette manifestation.
" Gérer le stress, travailler sur la santé préventive, voilà l'intérêt d'une
alimentation saine" ajoute-t-il.
Loin des considérations scientifiques, l'intérêt du bio réside également dans le
plaisir des sens. Les produits sont goûteux, les crèmes de soin, qu'elles soient au
chanvre ou à la camomille, toutes plus voluptueuses les unes que les autres. Une façon
de se réconcilier au quotidien avec son corps, souvent mis à mal par le rythme effréné
de la vie actuelle.
L'organisation avait choisi bus et métro pour s'exposer, mais une grève surprise a
paralysé les transports en commun les jours précédents. Mais ni cette campagne de pub
avortée, ni la neige qui a perturbé les communications, ne sont parvenus à gâcher la
fête. 15 000 personnes ont franchi les portes du salon entre samedi et dimanche.
Dominique Leaud-Zachoral se déclare « poussé en avant » par cette réponse positive du
public.. Il rééditera le salon l'année prochaine.
A quand un concert bio avec distribution de décoction de chanvre, tapis indiens, encens
et lumières psychédéliques ?
La vague bio reste une friandise pour gens de bonne volonté. Labels de qualité et autres
appellations contrôlées permettront aux biomen de convaincre un plus large public
encore. Il faut bien sûr encore et toujours protéger les plus crédules des ondes
cosmiques et autres charlataneries vibratoires. La menace de dérive mystico-magnétique
reste toujours présente dans les esprits. Les aficionados du bio doivent trouver le bon
compromis entre l'illumination mystique et le rationalisme pur et dur d'une société de
consommation décadente.
Corinne Bruno
echo@le-village.com
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