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Le Village - global - est écouté.
Internautes ! On vous a enfin
entendus
et on vous entend encore
Big
Brother a gravi un nouvel échelon : celui des grands
médias, comprenez : ceux de la presse classique.
A force de tendre ses oreilles partout, le tristement célèbre
réseau d'écoute les a laissées dépasser
de derrière les ordinateurs surpuissants qui sont leur
maison. On a bien fini par les voir, ces oreilles, ce système
ECHELON.
Le système
ECHELON existe depuis 1948. Au sortir de la seconde guerre
mondiale, ce système d'interception des transmissions
hertziennes était prévu pour intercepter les
informations militaires des multiples adversaires potentiels
des alliés, des Etats-Unis en particulier. Le premier
accord de participation n'impliquait que les Britanniques
et les Américains. Mais, déjà, Australie,
Canada et Nouvelle-Zélande prétaient main forte.
Avec la Détente, le réseau n'a pas pour autant
baissé sa garde et a été recyclé
en outil d'écoute des communications des particuliers,
des grandes entreprises et même des administrations
européennes. Notons qu'il est officiellement utilisé
pour lutter contre la mafia
Question puissance technique, le réseau
ECHELON n'est pas en reste. Le réseau serait capable
d'analyser des dizaines de millions de messages électroniques
par jour, sur internet, par fax ou par téléphone
lorsque les appels passent par satellite.
Face à cet
arsenal, les pouvoirs publics ne sont pas restés inactifs.
On nous a mis en garde et on nous a même donné
les moyens de lutter : " Le contenu des communications
ne doit jamais comporter d'informations vitales surtout lorsque
la liaison est relayée par un satellite de rediffusion
", indiquait le Ministère de l'Intérieur
français, dans le Journal Officiel daté du 10
janvier 2000. " Seule la prudence et la discrétion
des utilisateurs... constituent une parade ", concluait
alors le ministère. On voit par là la scientificité
des méthodes. La discrétion face à des
supercalculateurs CRAY...
La Ministre française de la
Culture et des Communications, Catherine Trautmann, indiquait,
lors du dernier Milia, que la France comptait mener des actions
contre les pays membres du réseau d'espionnage ECHELON.
Elle soulignait que si les allégations paraissaient
toutefois sévères, elle ne semblait pas s'attendre
à une escalade à grande échelle. Ouf,
on souffle. Quand on sait qu'ECHELON pourrait passer au crible
la quasi totalité de ce qui se dit sur l'Internet,
on ne voit effectivement pas où est-ce que l'on pourrait
trouver le motif d'une " escalade à grande
échelle "...
Le réseau
ECHELON est doublement dangereux pour les internautes. Outre
l'inacceptable et inquiétante violation de la vie privée
de millions de citoyens, il donne une image on ne peut plus
mauvaise de l'internet aux néophytes. Voici le genre
de dépèche que l'on livre, à 7h30 du
matin, à des auditeurs à peine sortis de leur
nuit :
Interrogations sur le réseau
Echelon au Parlement européen :
L'existence et l'activité du réseau anglo-saxon
Echelon d'espionnage de télécommunications au
niveau mondial, avec des visées économiques
et commerciales selon un spécialiste, a été
au centre d'une audition publique au Parlement européen,
aujourd'hui à Bruxelles. (AFP)
On a eu de la chance,
dans celle-ci, qu'il ne soit pas fait mention d'Internet.
Mais, bien souvent, on ne fait état que des inquiétudes
soulevées par le réseau ECHELON, réseau
anglo-saxon capable d'intercepter n'importe quel courriel
ou information échangée sur internet. L'amalgame
est vite fait : sur internet, on est nulle part chez soi et
tout est à ECHELON.
Il importe donc que
nous, internautes, fassions de notre mieux pour qu'Internet
reste un média ouvert et accueillant. A nous d'en donner
une meilleure image pour le montrer sous son plus beau jour.
Faisons qu'il soit autre chose que l'instrument d'une réalité
de plus en plus proche des pires fictions.
Pierre-Emmanuel Muller
Présentation du réseau ECHELON
Dans
Libération
Face au réseau ECHELON
PGP,
logiciel de cryptage
__________
A l'heure où nous écrivons ces lignes, on apprend
que les journalistes de la presse en ligne ne seront pas acceptés
sur le salon CeBIT, qui se déroule à Hanovre.
Plus précisement, ils pourront y aller, mais n'auront
pas accès aux parties réservées à
la presse. Cela est d'autant plus étonnant que le CeBIT
est l'un des plus importants salons au monde à traiter
de la technologie high-tech. Cette année, les organisateurs
ont même annoncé vouloir mettre l'accent sur
l'internet mobile
On voit bien que l'internet reste un
flou, et que, vis-à-vis de beaucoup, il lui reste encore
à acquérir ses lettres de noblesse.
echo@le-village.com
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